Vins Naturels

Ma philosophie de la viticulture et de la vinification est toujours la même depuis mes débuts. Elle se résume en quelques phrases. 

Une viticulture respectueuse du sol donc sans produit chimique, très peu voire sans travail du sol, et respectueuse de la vigne en respectant sa physiologie et la saisonnalité.

Des vendanges manuelles en caissettes ajourées de 15kg pour ne pas tasser le raisin.

Une vinification douce avec des levures indigènes (levures naturellement présentes dans la parcelle et sur les raisins), sans aucun intrant oenologique sauf le soufre en cas de danger pour le vin à tourner en vinaigre, sans recours à des techniques physiques brutales sur le vin (telles que l’osmose inverse, la filtration, la thermovinification).

Ces dernières années, vous avez dû entendre parler des vins dits « nature ». Qui sont soit encensés soit décriés. 

Je n’entrerais pas dans le débat pour savoir s’ils sont bons ou pas. Je pense qu’un vin n’est ni bon ni mauvais, mais plaît ou pas au palais de chacun. Et que les « défauts » d’un vin perçus par une personne ne le seront pas (ou dans une moindre mesure) chez une autre personne.

Il faut savoir que la langue compte jusqu’à 5000 papilles gustatives. Et lors d’une conférence de Gabriel Lepousez, j’ai découvert que dans un seul verre de vin on pouvait retrouver entre 800 et 1000 molécules aromatiques différentes et que notre bouche possède environ 25 récepteurs différents de l’amertume. Imaginez donc le nombre de possibilités gustatives, sans parler de l’olfaction qui découle de près de 400 récepteurs.

Ma définition de vin naturel provient donc de ma philosophie. Dans le mot naturel, il y a le mot « nature » qui fait référence au végétal et à la plante. Un vin naturel provient d’une vigne que l’on prend soin, sur un sol avec une vie microbienne active, sans intrant oenologique et sans action mécanique lors de la vinification. 

Peut-être est-ce présomptueux de ma part, mais je mets tout en oeuvre et tout mon coeur pour y arriver.

Depuis 2020, la dénomination « vin méthode nature » compatible avec la règlementation européenne en vigueur, bénéficie d’une définition et d’un label officiellement validé par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Je suis adhérente au Syndicat de Défense des Vins Naturels depuis 2023 qui est à l’initiative de ce label. Quel que soit les avis sur la légitimité de ce label, il a le mérite d’exister et de poser un cadre.

Vous trouverez facilement les informations sur la charte du Syndicat sur internet. Et contrairement à ce que l’on peut croire et entendre, un vin naturel ce n’est pas « juste » un vin sans soufre, c’est un tout, de la vigne au verre. Il est aberrant d’entendre un vigneron utilisant des produits chimiques dans les vignes, filtrant et triturant le vin à sa guise, dire « mon vin est sans soufre donc il est nature » !

Je n’ai donc qu’un conseil à vous donner : discuter avec les vignerons ou cavistes pour comprendre la philosophie du vigneron et cerner sa propre définition du vin nature 😀

Une dernière remarque : on ne fait pas un vin nature pour suivre une mode !

Articles de presse / Dégustation professionnelle

Ma première dégustation professionnelle !

Jamie Goode est un auteur britannique titulaire d’un doctorat en biologie végétale et chroniqueur au Sunday Express. Il contribue également à des publications sur le vin et tient notamment un site Wineanorak sur lequel vous pouvez retrouver sa dégustation de mes 2 premières cuvées.

https://wineanorak.com/2023/07/06/beaujolais-adventures-1-the-newcomers-tasting-wines-from-new-producers/

Glou Guide

Pour la 6ème édition du Glou Guide, je suis extrêmement fière d’avoir pu présenter mon Beaujolais Blacé. Ci-dessous le bel article en question

Mon portrait dans RUE89Lyon

RUE89Lyon est un journal local devenu récemment une coopérative de salariés. J’ai eu le plaisir de rencontrer Pierre Lemerle. Un moment d’échanges très convivial. Vous trouverez le lien ci-dessous

https://www.rue89lyon.fr/2023/11/04/comptable-vigneronne-lan-bertrand-amoureuse-vigne-beaujolais/

Couverts végétaux 2023-2024

Suite à mes semis 2022-2023, j’ai intégré un groupe de vignerons dans le Beaujolais suivi par la Chambre d’Agriculture du Rhône dans le cadre du projet AdapTénuer. Ce projet consiste à présenter les leviers d’adaptation et/ou d’atténuation vis à vis du changement climatique.

Les semis des couverts végétaux de l’automne 2022 ont été productifs ! Comme vous pouvez le voir sur les photos, 2 espèces parmi les 4 semées ont poussées en grande majorité : le pois fourrager et le seigle. 

Malgré cela, je suis très contente des résultats que ces couverts ont donnés. Dans le cadre du projet AdapTénuer, les prélèvements du sol sont très positifs et me confortent dans mes décisions. Il y a 6 fois plus de production de biomasse par les semis que par la végétation spontanée. La restitution des minéraux et de l’azote et le stockage de carbone dans le sol, sont très largement supérieurs dans les rangs semés que ceux recouverts de la végétation spontanée.

Ces résultats sont à suivre sur plusieurs années, d’autant plus que la parcelle n’est en conversion vers l’agriculture biologique que depuis 2021.

Je continue donc l’expérience et double le nombre de rangs semés sur cette belle parcelle.

En 2024, des semis seront mis en place sur une seconde parcelle.

Couverts végétaux 2022-2023

En automne 2022 j’ai semé des couverts végétaux sur la parcelle la plus haute en altitude sur Blacé. Le semis a été mis en place un rang sur 4. Pour une première fois (pour la vigne et moi 😀) j’ai préféré utiliser une petite quantité de semis. Les graines ont été semées à la volée sur un sol préalablement retourné sur 10 cm de profondeur avec une grelinette. Je dois avouer que j’étais éreintée après avoir travaillé ce sol qui ne l’a jamais été.

J’ai sélectionné 4 espèces (bio évidemment) en fonction de leurs avantages par rapport à mon sol et de ce que je voulais obtenir comme résultat. Les effets principaux recherchés sont le décompactage du sol, la production de biomasse, la gestion des adventices.

Les agronomes conseillent 3 espèces différentes au minimum : graminées, légumineuses et crucifères. J’ai donc semé :

  1. du seigle. J’aurais voulu du tritical qui est moins cher mais en rupture de stock. Cette graminée facile à implanter permet une production moyenne de biomasse et permet de lutter contre les adventices. Elle a un système racinaire pivotant qui va décompacter le sol en profondeur. Le seigle a poussé très tardivement mais pas de façon homogène dans les rangs de vigne.
  2. pois fourrager. Cette légumineuse s’implante facilement et permet d’obtenir une bonne biomasse. Le pois a particulièrement bien poussé, il a bien monté et produit ses fleurs. Néanmoins, j’aurais dû mettre des tuteurs par ci par là afin qu’il puisse grimper dessus et non sur les ceps.
  3. navette fourragère. Ce crucifère produit une bonne biomasse et a un système racinaire pivotante. C’est une plante étouffante qui lutte donc très bien contre les adventices. En revanche, à part quelques feuilles par ci par là, la navette n’a pas poussé.
  4. phacélie. Cette plante produit une bonne biomasse et a un système racinaire pivotante. Mais je l’ai surtout choisie car elle est très mellifère c’est à dire qu’elle produit beaucoup de nectar pour les abeilles. Elle les attire donc très facilement. Qui dit abeille dit biodiversité 😀 . Tout comme la navette fourragère, la phacélie a très peu poussé.

Depuis le début de l’été, seul est resté le seigle. Le reste des plantes ont séchées à cause du soleil et de la chaleur.

Les premiers résultats sont très positifs. Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques, mais pour donner un exemple, un prélèvement a été effectué début juin des plantes semées et de celles qui ont poussé de façon spontanée. Les plantes spontanées produisent 0,6T/hectare de biomasse, alors que les couverts semés produisent 4T/hectare de biomasse.

En automne 2024, l’expérience sera renouvelée 1 rang sur 2 sur cette parcelle. Et 1 rang sur 4 sur une autre parcelle de Blacé.

Mes vins

Quel type de vins je vous propose ?

Très engagée dans l’agriculture biologique dans les vignes, je le suis encore plus dans la vinification. J’interviens très peu mécaniquement sur le vin lors de la vinification et aucun intrant n’est ajouté dans le vin, sauf en cas d’extrême risque (uniquement une dose homéopathique de soufre qui est un antioxydant qui stabilise et protège le vin). J’ai tendance à laisser le vin se faire tout seul, à son rythme. Selon les millésimes, la macération durera plus ou moins longtemps avec un minimum de 10 jours et l’extraction sera plus ou moins poussée. Mes cuvées seront toutes différentes selon les millésimes. Aucun vin standard, même si une cuvée plaît énormément. Il y a tellement de possibilité qu’il serait dommage de se priver ! Vous aurez le choix entre des vins légers, fruités et croquants et des vins plus structurés, tanniques et long en bouche.

C’est aussi pour cela qu’un maximum de mes cuvées seront certifiées « vin méthode nature ».

Le vignoble du domaine s’agrandit !

C’est fait ! Le cap du statut d’exploitante agricole est passé ! What ?!

En effet, jusqu’à ce jour, j’avais le statut de cotisante solidaire pour la MSA (la fameuse sécurité sociale des agriculteurs), qui me permettait d’avoir quelques droits et une couverture sociale minimale. Ce statut est lié à la taille du parcellaire qui était alors de moins de 1,80 hectares soit moins de 18000 m2. Pour des raisons diverses notamment liées au cuvage, j’ai dû augmenter mon parcellaire pour passer ce seuil de 1,80.

Ce que je ne regrette pas ! J’exploite dorénavant 2 nouvelles parcelles situées à Régnié-Durette. Mon domaine s’étend maintenant à 2,2 hectares. Cette taille ne devrait guère varier car je ne pourrais pas travailler seule comme je le fais actuellement sur une plus grande superficie.

Je vais donc pouvoir vous proposer une belle gamme de 4 cuvées différentes : Beaujolais, Beaujolais Blacé, Régnié (dernier des crus du Beaujolais) et Moulin à Vent.

BEAUJOLAIS BLACE

Un Beaujolais Villages rouge très léger (11°), fruité qui se boit très facilement.

La vinification s’est faite très simplement : réception des raisins dans une cuve béton où ils ont macéré pendant 15 jours en conservant les levures déjà présentes sur le raisin (levures indigènes). J’ai procédé à 3 remontages de 10 minutes (arroser les raisins par la trappe du dessus de la cuve pour que les levures s’activent). L’élevage de 9 mois s’est effectué dans des fûts (tonneaux, barriques) de plusieurs vins (où plusieurs vins avaient déjà été vinifiés). L’embouteillage s’est faite sans intrant, sans collage, sans filtrage.

MOULIN A VENT

Cru historique du Beaujolais, ce vin rouge est intense (13°) avec une belle longueur en bouche. Très fruité, il présente des arômes de fruits noirs et d’épices.

La vinification s’est faite simplement : réception des raisins dans une cuve fibre où ils ont macéré pendant 21 jours en levures indigènes. J’ai procédé à 3 remontages de 10 minutes à l’aide d’un seau. L’élevage de 8 mois s’est effectué dans un fûts de plusieurs vins. L’embouteillage s’est faite avec une dose homéopathique de soufre pour stabiliser le vin, sans collage, sans filtrage.

Vigneronne ! Enfin !

Des potes, y a rien de tel ! J’ai eu la chance d’avoir un réseau de vignerons bio passionnés sur qui l’on peut compter. C’est ainsi que 2 vignerons m’ont proposé de vinifier mes vendanges 2022, ma deuxième saison, dans leur cuvage. Je ne vends donc plus mes raisins mais je les vinifie et je peux ainsi proposer mes premières cuvées de Beaujolais Villages et de Moulin à Vent. Je suis donc passée de viticultrice à vigneronne ! Et j’en suis extrêmement fière 😀

La saison 2022 a été un peu compliqué en terme de gestion de cave. Malgré la courte distance séparant les 2 cuvages, car oui j’ai vinifié chez les 2 vignerons, les aller-retour pour le suivi des vinifications m’ont pris du temps et de l’énergie.

Contrairement à ce que l’on peut penser, les vignerons ne font pas ce qu’ils veulent et n’importe où. Les vignerons doivent déclarés les lieux de vinification à différents organismes donc les douanes. Douanes à qui l’on doit demander une autorisation pour partager un cuvage. Je vous épargne les détails administratifs mais en règle générale cela se passe bien.

Quant à 2023, peut-être pourrais-je vous présenter un nouveau cuvage où je serais seule. je vous tiendrais au courant lorsque le contrat de location sera signé…

La phytothérapie ?!! Sérieusement ?!

Et oui ! Sérieusement !

Dès ma première année, j’applique des décoctions de plantes et du petit lait dans mes parcelles de vignes. Les plantes utilisées sont la prêle, la consoude, la valériane, l’osier, l’achillée millefeuille et l’ortie. Les décoctions sont pulvérisées sur les feuilles et aussi sur le sol pour la prêle. Elles ont un objectif essentiellement préventif jusqu’à maintenant, contre les maladies qui peuvent toucher la vigne. Les décoctions sont dynamisées manuellement dans un grand faitout en inox, en créant des vortex et des chaos. Je sais ce que vous vous dites, Lan perd la boule ! Mais non 😀 pas d’inquiétude. Je ne rentre pas dans les détails, mais ce qu’il faut comprendre c’est que l’eau a une mémoire (tout comme l’homéopathie est controversée, la théorie de la mémoire de l’eau l’est tout autant). Elle a la capacité de stocker des informations, de les transmettre et conserver les propriétés des plantes qui ont été dynamisées même si celles-ci ne sont plus présentes au moment de la pulvérisation. Il ne s’agit pas de polémiquer mais de vous expliquer pourquoi je fais cela.

Un peu d’histoire pour comprendre la suite… Les « maladies » de la vignes sont essentiellement le mildiou, l’oïdium et le black rot sur mes vignes. Le mildiou (dont l’agent pathogène est une algue) est apparu en 1879 dans le vignoble bordelais, l’oïdium en 1851 dans le Languedoc, le black rot en 1886. Bizarrement dans les années 1840, la chimie commence à émerger pour pallier à l’épuisement des sols et fait son entrée dans l’agronomie. Des chercheurs, des agronomes et des viticulteurs ont pris conscience de cette spirale dans laquelle la viticulture est aspirée : plutôt que de trouver des solutions pour résoudre les problèmes à la source, on préfère gaver la plante de produits chimiques soit disant pour la protéger.

La viticulture, c’est un partenariat avec la vigne et l’Homme. Comment peut-on espérer avoir les meilleures récoltes sans prendre en compte la physiologie et les besoins d’une plante ? Bien sûr qu’il est possible de « doper » la plante pour qu’elle fournisse un rendement maximal, tout comme un athlète ! Mais cela ne dure pas et mon approche est de pérenniser le vignoble et non pas en tirer un max en un minimum de temps.

Ma rencontre en février 2022 avec un homme amoureux de la nature m’a ouvert d’autres perspectives (1). Les décoctions ne sont là que pour « freiner » l’expansion des champignons et de l’algue responsables des maladies de la vigne. Mais si on raisonnait vraiment en préventif mais pour la plante et non contre l’agresseur ? Il s’agirait alors de renforcer les défenses de la plante par un soin de plantes. D’où la phytothérapie. Je vais donc fabriquer moi-même des extraits fermentés de plantes, en sus des décoctions. J’envisage également l’utilisation des huiles essentielles l’année prochaine après une formation sur ce sujet.

(1) je ne nommerais pas cette personne sans son consentement et pour lui éviter toute poursuite judiciaire.

Coupe coupe !

La période de taille a débuté en janvier. Elle se terminera début avril.

Pourquoi tailler la vigne ? ✂️ ✂️

La vigne est une liane et a appris à coévoluer avec les arbres. Elle a donc pris pour fonction d’utiliser l’arbre comme support pour fructifier. Effectivement la vigne peut fructifier sans la taille grâce aux oiseaux qui vont manger le raisin. A chaque fois qu’un oiseau prend son envol, il a tendance à déféquer. Mais puisqu’il prend souvent son envol à partir d’un arbre, les excréments tomberont sur le sol près d’un arbre. Mais la vigne a aussi besoin de soleil pour fructifier, ce qui n’est pas certain à l’ombre d’un arbre. La vigne a alors développé un système intelligent appelé acrotonie, qui l’empêche de fructifier tant qu’elle n’est pas à la lumière. Cette acrotonie lui permet de repartir toujours du sommet de sa croissance, la vigne va ainsi développer les rameaux (bois) les plus hauts.

La taille permet ainsi d’adapter la vigne qui est une liane aux contraintes d’une culture. La taille a évolué au fil du temps en fonction des cépages et des contraintes de chaque vignoble. La taille s’est également mécanisée de plus en plus, mais la taille manuelle que je pratique n’est pas prête de disparaître pour autant. Pour plusieurs raisons, dont la mécanisation possible ou non dans la parcelle, le respect de la physiologie de la vigne dont la réflexion demande du temps lors de la taille (ce qu’une machine ne peut faire). La période de taille est également un moment privilégié pendant lequel on réfléchit à la restructuration de sa parcelle pour faciliter le passage entre les rangs et surtout pour la pérennité du vignoble.

Quand tailler la vigne ? ✂️ ✂️

Cela dépend de plusieurs paramètres, de l’état végétatif de la vigne, de la région et du temps que vous avez pour tailler. De nombreux domaines commencent la taille dès octobre. C’est un travail long, et lorsque l’on a peu de personnel et plusieurs hectares, on commence tôt pour éviter d’avoir une masse salariale trop coûteuse. Même si cela peut se comprendre, je ne partage pas du tout cette vision. Si l’on n’a pas les moyens d’embaucher du personnel, on réduit son domaine pour le bien-être de la vigne. Je vous explique pourquoi.

La taille de la vigne est une tâche qui a été longtemps reléguée au second plan par la majorité des vignerons. Donc on a taillé, oui, mais dans le vif ! Et ainsi favoriser le dépérissement du vignoble. Or comme pour toute plante, la vigne a son propre cycle végétatif qui varie en fonction des pays et des climats. En France, la vigne est en « repos » végétatif en hiver. Avec le froid, la sève circulant dans le cep redescend vers les racines pour concentrer la recherche de nutriments dans le sol, plutôt que par les voies aériennes puisqu’il n’y a plus de feuilles pour la photosynthèse. C’est donc à cette période que l’on peut commencer à tailler en respectant les flux de sève. Et dans le Beaujolais, en règle générale (difficile de parler de règle générale avec les perturbations climatiques que nous subissons depuis plusieurs années) la sève redescend fin décembre.

Imaginez-vous sur une autoroute : si vous roulez à contresens, l’accident voire la mort a de grande chance d’arriver ! Et bien en perturbant les flux de sève de la vigne, c’est ce qui risque de se produire.

Comment tailler la vigne ? ✂️ ✂️

Ce que je viens de vous expliquer nous amène donc à cette question : comment tailler la vigne ? Et bien, en pensant à son futur et sa pérennité. Une vigne bien taillée est une vigne heureuse et elle vous le rendra ! Elle vivra longtemps (il existe des vignes centenaires et planter de nouveaux pieds tous les 40 ans n’est pas une fatalité) et produira suffisamment du raisin de qualité. Peu importe le type de taille pratiquée : guyot poussard, cordon royat, charmette et gobelet. Ces 2 derniers types de taille sont typiques du Beaujolais.

Mes parcelles sont toutes en gobelet, même si l’une d’entre elles a commencé à être restructurée pour être en charmette. Le gobelet consiste à avoir 4 à 5 bras porteurs, sur lesquels pousseront les futurs rameaux qui porteront les raisins.

Bref, chaque cep est un cas unique. Il faut prendre en compte : le flux de sève, la morphologie du plant, le rendement qu’on veut lui donner, la meilleure façon d’allonger la vie du cep…

Vous l’aurez compris, c’est une tâche primordiale qui prend du temps et nous oblige à nous poser plusieurs questions pour que la vigne puisse vivre le plus longtemps possible.

J’écrirais un autre article pour exposer les détails techniques de la taille.